Lundi 7 décembre 2009 1 07 12 2009 16:17

Dragon ascendant taureau, le feu sacré la brulait et l’animait. Oiseau libre, phénix incandescent, sans maître ni contrainte, la vie semblait claire et lumineuse.

La curiosité le manque de vigilance, la poussa vers un filet à papillon qu’elle avait pris pour un champ de coquelicot. Prison aux senteurs d’amande, chloroforme doucereux et charme d’une écrasante tranquillité.

De feu d’artifice en écran de fumée, sa matière se transforma en hologramme. Peu à peu le leste de la laisse doucement disparaissait.

Matée par un enfant majeur aux besoins disproportionnés. Terres de Lincoln labourées, dévastées.

Pourtant, de ses cendres elle devait renaître. Et ses liens se consumèrent tout comme son attachement au pieu profondément enterré.


Et enfin, de nouveau s’envoler.

Par Mrs D. - Publié dans : Le cabinet du psy - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 11 2009 11:23

Attention, cet article peut contenir des propos non adaptés

pour des personnes non averties.


 

Une fois n’est pas coutume, voici une réflexion sociétale et non sentimentale.

Encore que

 

J’étais au volant de ma voiture quand

 

* Ouverture de la digression honteusement calculée *

 

Allez savoir pourquoi, mes grandes réflexions arrivent toujours en voiture. Est-ce parce que la route m’évoque ma vie et une destination hypothétique et sans fin ? Toujours est-il que cela fera prochainement l’objet d’un mimétisme de cette personne , mimétisme encore actuellement en cours de digestion.

 

* Fermeture de la digression honteusement calculée *

 


Je disais donc

 

 

J’étais au volant de ma voiture lorsque j’ai aperçu un des nouveaux panneaux touristiques de la province hennuyère, promotion pour le musée carolo de la photographie.

 

 

 

 

Charleroi vu par les politiques et les agences de tourisme

 

Charleroi vu par un citoyen lambda.

 

 

Cette magnifique ville donc, a la chance d’accueillir en ses murs un musée de la photographie qui, il y a quelques temps, a affiché sur une de ses façades une photo d’Akari afin de promotionner  son exposition.

Affiche scandale, cocktails Molotovs lancés.

 


Objet du scandale.

Photo : Araki

 

 

A l’époque, je ne sais pas trop pourquoi, je n’avais pas réussi à me positionner d’un côté ou de l’autre de la façade. A censurer ou pas ? Je n’avais pas voulu me pencher sur la problématique.

 

Pourtant hier, ce simple panneau, ne promotionnant pourtant le musée que par une photo un peu terne d’un vieux bâtiment, me sauta au visage comme autant de questions existentielles.


Est-ce parce que je suis devenue maman et que, par la force des choses, je pense toujours d’une manière ou d’une autre à protéger mon enfant des agressions diverses et variées de la vie ?

 

Je me suis donc posée la question de la pertinence de cette image sur une façade, sachant qu’elle allait créer la polémique. Outre le fait que le musée comptait là dessus pour assurer une certaine publicité – chose gagnée – et que, selon moi, l’art ne devrait jamais être censuré, je me demandais quand même à quoi tout cela rimait.

Où est la limite ? Doit-il y en avoir ?

La société nous matraque quotidiennement d’images pseudo porno-chic, à travers la publicité, à travers de la promotion de concerts et des clips vidéo, à travers la mode, les médias et j’en passe. Mais dans quelle mesure tout cela vulgarise-t-il le sexe, le corps et les sujets jugés « tabous » ?

Je n’ai pas de réponse toute faite à la question « Faut-il des tabous ? »

 

Ce fait divers a donc, à retardement, lancé en moi un profond questionnement intérieur.

 

" Attention, accrochez-vous* "

 

Je suis plutôt ouverte en ce qui concerne l’acceptation des choses en tant qu’art.

Du nu je commence par là puisque cette photo fut la rampe de lancement à ma réflexion , à l’abstrait en passant par le clafouti de ma grand-mère puisqu’il parait qu’à partir du moment où l’auteur ou une personne se dit « cette chose là, c’est de l’art » ça en devient, et que ma grand-mère a toujours jugé que ses gâteaux méritaient de sortir de la cuisse de Jupiter.

 

Pourtant, je m’interroge sur la raison de l’exposer au monde, sans demander au citoyen son avis. Il se promène dans la rue et tombe, sans l’avoir demandé sur une photo qui pourrait le ravir, mais tout aussi bien le choquer.

A l’intérieur des murs d’un musée, d’une maison close, d’une association, d’un particulier, peu importe ce qui est exposé, parce que la personne qui décide de passer la porte sait ce qu’elle est susceptible d’y voir.  Elle est avertie. Et c’est en son âme et conscience qu’elle entre et regarde.

Ce n'est pas le cas en rue parce que je pars du postulat que c'est un lieu neutre.

 

Alors, il est plus que probable que je me pose trop de questions et que, là ou je vois une femme objet dont les membres paraissant inexistant pour n’exposer au monde qu’un  corps pratiquement dénudé, offert, la clé du paradis autour du cou et des plumes plus aguicheuses qu’une tonsure dévoilée, ma fille n’y verrait peut-être qu’une jolie madame toute nue . Mais je n’ai aucune prise là-dessus. Elle pourrait y voir mille autres choses, et pour le savoir, il faudrait que je parle avec elle. Et que je lui explique. Avec des mots, et non avec des images.

La nudité. La sexualité.

Mais la société a-t-elle à m’imposer le « quand » ? N’ai-je pas le choix d’aborder ces thèmes quand je le souhaite ou quand ma fille décidera de s’y intéresser ?

 

A coté de ça, j’ai du mal à saisir la véhémence de certains face à cette photographie alors que nous sommes confrontés régulièrement à des scènes de tortures, viols, violences en tous genres et autres joyeusetés par l’intermédiaire des médias sans que cela ne choque plus personne. Le nu est-il plus tabou que le sang, les tripes à l’air et les coups de castagne ? Sans compter la montée en puissance et la course au « toujours plus fort » dans les images.

 

Est-ce parce que nous sommes confrontés constamment à elles que nous finissons par ne plus les voir ?

D’un autre coté, on interdit certaines choses – clopes, alcool – pour « protéger les enfants et limiter l’incitation »… Là encore, je m’interroge, pas la peine d’élargir ma pensée, vous voyez où je veux en venir.

 

Et puis, de l’autre côté, il y a les mots. Le politiquement correct qui rejoint assez bien le phénomène de censure face aux drogues sous ses différentes formes.

Les non voyants et les malentendants ont remplacé les aveugles et les sourds sans que le handicap soit, lui, allégé. Le vocabulaire light. Volonté de ne choquer personne.

Le politiquement correct sur fond de guerre vénale, mais  assez loin de chez nous pour ne pas sentir l’odeur cuivrée du sang infantile qui ruisselle sur des débris de macadam et de la poussière.

L’hypocrisie pure. Celle qui nous noie.

La maîtrise des mots alors que nous n’avons plus celle des images.

Est-ce pour contrebalancer ce poids devenu trop grand ou est-ce simplement pour manipuler ?

 

Pourquoi une image nous choque moins qu’une phrase qui décrirait la scène exposée ?

 

Prenons une « bête » image porno d’une femme se masturbant. Imaginons même que l’acte en lui-même soit caché par des plumes, pour reprendre notre photographie de départ.

Imaginez deux secondes cette affiche sur une façade.

 Et imaginez ensuite une phrase décrivant la scène sur une façade.

 

« Excitée, les cuisses écartées, elle enfonçait ses doigts profondément dans sa chatte dégoulinante, essayant de se cacher derrière son boa de plumes ».

 

Mouais bof, je ne suis pas très fière de moi, pas vraiment adepte du genre à ce que vous voyez.

 

Un peu basique ? Un peu gras ? Vous préférez le porno-chic ? C’est à la mode, et s’il faut que la phrase corresponde au style et à la classe du cliché, après tout, il se peut que le tout se donne plus de prétention...


« Offerte et alanguie, elle offrait à son corps frémissant de désir, un plaisir que son boa savamment placé peinait à cacher ».

 

Mouais, pas convaincue non plus par celui là.


Mais peu importe la formule. Je reste persuadée que les mots auraient été censurés alors que la photo aurait fini par être exposée après quelques remontrances et pétitions d’usage.

 

 Mais pourquoi croit-on que les images ont moins d’impact que les mots ?

 

 

 


Et pourquoi est-ce plus facile de dessiner un petit cœur que de dire « Je t’aime » ?

 

* Je vous avais prévenus


Par Mrs D. - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 11 2009 08:17

Sa souffrance lui crevait le cœur.

Traitresse impie, bourreau de son cœur qu’elle torturait allégrement.

Briser l’autre par 3 mots.

Abandonner tout espoir.

Et regretter de ne pas avoir été différente.


Par Mrs D. - Publié dans : Le cabinet du psy - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 11 2009 22:26
Son immense petite chambre pour elle.
Le regard tournait le long de la pièce. Des millions de boutons de fleurs l’encerclaient comme autant d’yeux qui la dévisagent.
Son coffre à jouet ouvert, elle ruminait. Pas de place pour l’ensemble de ses poupées. Impossible de tout emporter même si la manne ne débordait pas. Le choix restait pourtant évident. La poupée de laine ferait l’affaire. Le choix était fait, son sort scellé. Le tétra doudou pour sac de voyage, le bobby pris place sur le drap. Un t-shirt et une petite culotte choisis, une évidence. Une dernière inspiration dans cet univers oppressant et familier et le baluchon fut fermé.
La descente d’escalier interminable lui adressa un dernier au revoir et elle claqua la porte d’entrée. Peu importe l’avenir.

Peu importe ce qu’il allait advenir d’elle. La vie n’est pas si compliquée, besoin d’un toit l’histoire de quelques jours. Un grenier serait parfait le temps de voir venir. Le temps de réfléchir.
Devant la porte amie, à peine quelques mètres de chez elle, la vieille dame grisonnante et tremblante lui ouvrit, le sourire aux lèvres et la boite de pate de fruit à la main, elle l’accueillit. Limonade fraiche qu’elle avala d’un trait, elle lui exposa ses projets.
- Partir ? Mais pourquoi ?
La mésentente était totale. Le problème bien connu.
- Et où comptes-tu aller ?
Sa grand-mère en haut de la rue était compréhensive. Pas de souci à se faire. Ensuite, elle verrait bien ce que la vie lui proposerait.

Un dernier baiser, et la route s’offrait à elle. La liberté était là. Un peu tôt sans doute, mais on ne choisit pas toujours son avenir. Il vous prend et vous emmène, parfois loin, parfois pas. L’objectif familial à atteindre n’était pas au bout du monde, quelques centaines de mètres et une nouvelle destinée en guise de récompense à cette décision prise trop jeune.

Parfois, le choix de tout plaquer, les décisions douloureuses sont plus évidentes lorsque l’innocence et l’insouciance matérielle vous berce encore.

L’enfant fut rapidement rattrapée, l’oreille compatissante s’était faite bouche angoissée. Ce n’est pas à 3 ans qu’on décide de fuguer, il parait.
Par Mrs D. - Publié dans : Le cabinet du psy - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 11 2009 01:01

Les vêtements maculaient le sol. Systématiquement, ses mains plongeaient dans le compartiment à chaussettes, en sortaient l’une ou l’autre paire, et, s’ouvraient dans le vide abandonnant le tissu dans un bruit sourd et calme.


Mes pieds n’entraient plus en contact avec le carrelage froid depuis longtemps. J’avais d’ailleurs abandonné l’idée de remplir le tiroir. J’observais patiemment. J’attendais que la réserve de munitions se tarisse. Fatiguée, elle s’assit soudainement, sans prévenir. Leva la tête et me dévisagea.


Longtemps, nos yeux restèrent plongés dans ceux de l’autre. Pas de sourire, ni d’étonnement, pas de recherche d’un quelconque sentiment, d’une vaine envie. Nous nous regardions, comme si nous ne nous étions jamais vues. Comme si l’autre n’existait pas.


Le temps, suspendu. La pluie battant aux fenêtres. Le vent fouettant les arbres au loin, les obligeant à plier et s’agenouiller devant son incommensurable puissance. Les branchages s’envolaient, emportant sur leur passage nids et cachettes diverses laissant ainsi au dépourvu oiseaux et musaraignes. Le tonnerre gronda. Et au fond de ses yeux, je découvris la fille de Rhéa et de Saturne. Elle s’éleva devant moi. Grande et magnifique. Sûre d’elle. Et je vis la femme en devenir. Celle qui plus tard, rayonnerait.  J’eus le souffle coupé devant tant de beauté et d’assurance.


Alors, enfin, en un instant, le vent retomba et le déluge cessa. Une lueur d’espièglerie traversa son regard avant qu’elle ne se remette à vider consciencieusement les tiroirs à chaussettes, remplissant ainsi sa mission divine.


Et discrètement, je passai ma main sur mes joues pour sécher les traces de cette époustouflante apparition.

 

 

Par Mrs D. - Publié dans : Histoires de maman - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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